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EXPOSITION Hakima El Djoudi
Hakima El Djoudi aborde différents médias, et c'est une partie de la diversité de ses pratiques que l'exposition au Domaine Orenga nous donne à voir avec une installation d'oeuvres plastiques sur papier, " La Petite Armée " et la projection d'une création vidéo, " Land Over ".
Land Over, vidéos. Tournée et réalisée en Corse dans le cadre d'un workshop organisé par le Palais de Tokyo à Paris, Land Over est une oeuvre vidéo, déjà présentée par le Pavillon, cellule de recherche du palais de Tokyo, au mois de mars 2008. Land over est un " Split Screen " : une seule projection contenant deux images simultanées défilant côte à côte. " Ces vidéos courtes, en splitscreen, sont constituées de deux images étrangères l'une à l'autre. À gauche de l'écran, une vision subjective de l'intérieur d'un véhicule, avec pour seule vue une route de jour, de nuit, ou bien une piste, toujours en mouvement. Le véhicule avance, roule. À droite une image statique de fête foraine, ou plutôt d'une attraction de fête foraine nocturne avec ces néons clignotant jusqu'à l'extinction des feux. " Les différents films qui constituent l'oeuvre Land Over proposent des vues différentes.
Les vidéos ont été tournées en novembre et décembre 2007 dans l'extrême sud de la Corse, sur les routes reliant Propriano à Bonifacio et Bonifacio à Porto-Vecchio. Elles sont conçues comme un journal. Dans ce Road Movie, Hakima est accompagnée et conduite par Ange Leccia, artiste d'art contemporain et directeur du pavillon unité pédagogique du palais de Tokyo et de Thierry de Perretti, comédien, réalisateur. Hakima filme le paysage qui défile sur la vitre avant du véhicule. " … L extrême sud de la Corse, au mois de novembre. Un geste automatique de prise de vue, un road movie. Un film avec ses discussions et ses musiques, ses images de routes et ses silences sans que l'on ne puisse jamais entrevoir les visages des passagers. Une micro fête foraine complètement déserte mais bruyante et racoleuse. Les images et le montage des films " Land Over " sont réalisés par Hakima El Djoudi. L'oeuvre a été réalisée avec le soutien du Palais de Tokyo, Paris et de la Collectivité Territoriale de Corse.
La Petite Armée. L'oeuvre présente des centaines de chemises miniatures pliées, selon un mode uniforme, et organisées en escadrons avec la rigueur militaire qui les caractérise. Ces petites armées sont conçues à partir de billets de banques pliés. L'intervention de l'artiste réside dans le choix de la monnaie papier, son pliage, le cadrage, un choix visuel durant l'accrochage, les formats et les fonds des cadres. Mais la matière première, la qualité de la présentation et l'esthétique de l'oeuvre ne doivent pas occulter la portée interprétative de la " Petite Armée ". Dans ce travail, Hakima joue avec les paradoxes que supposent les différents niveaux de lecture de son oeuvre. Hakima utilise le billet comme elle le ferait de tout autre matériau, partant du principe que le billet n'a aucune valeur intrinsèque. Paradoxalement, les billets à la valeur nominale la plus faible ont été les plus difficiles à se procurer,… le paradoxe du papier monnaie comme matériau. Les papiers monnaie demeurent cependant le symbole de la puissance des états. À cette évocation de la puissance dominatrice de l'argent s'ajoute celle à laquelle renvoie le titre de l'oeuvre : ces petites chemises noires ou brunes soigneusement pliées, alignées géométriquement à la manière des parades militaires renvoient aux images de régimes totalitaires, comme des expressions de l'oppression, des manifestations de propagandes " ou quand le billet suggère le bruit des bottes " Petite Armée n° 1 " a été récemment acquise par le FRAC de Corse.
À propos de l'artiste...
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