Pascale Marthine Tayou
8 juillet- 3 octobre 2010 Vernissage jeudi 8 juillet à partir de 18h00
Pascale Marthine Tayou vit et travaille à Gand en Belgique. Il est né à Yaounde en 1967 où il expose pour la première fois en 1994. Ses premières sculptures, assemblées à partir de matériaux de décharges, ont marqué le public et les artistes camerounais, qui y lisaient pour les uns une provocation et un dénigrement de la réalité camerounaise et pour les autres une forme habile, facile et trash de récup'art.
Dès 1995, il est sélectionné pour participer à la première Biennale de Kwanju en Corée ; l'année suivante, il présente, sur proposition du curateur japonais Kavaguchi Yukiya, une exposition personnelle à la Biennale de Dakar au Sénégal. Agnès B., lui offre en 1996 sa première exposition personnelle en France dans sa galerie à Paris. En 1997, le curateur italien Francesco Bonami montre son travail aux Etats Unis.
Son travail est depuis présenté dans de nombreux musées : MACRO - Rome, MAM de la ville de Paris, Palais de Tokyo, MART à Hertford, Kunsthalle de Berne, SMAK de Gent.… ainsi que lors de grandes manifestations internationales d’art contemporain: Documenta, Biennales de Venise, de Lyon, …
Pascale Marthine Tayou est jugé comme un artiste inclassable, multiforme et multimédia. Il travaille la vidéo, l'installation, la photo, la sculpture, la performance, le dessin et la peinture.
Ses oeuvres renvoient à l’arte povera, et au discours colonial. Il fait partie de ces artistes qui redéfinissent les problématiques postcoloniales à travers leurs expériences européennes. Grand voyageur, Pascale Marthine Tayou tire profit de ses déplacements pour interroger la culture africaine, les problématiques liées à l’émigration, et à la mondialisation. Il explore avec beaucoup de lucidité les contradictions identitaires créées par la mondialisation et joue sur les rapports qu’il entretient avec sa propre identité. Il recycle et mêle dans ses propositions artistiques des fragments de la réalité quotidienne, de sa vie de nomade, partagée entre le Cameroun, l'Europe et le reste du monde. Les processus d’hybridation qu’il propose ne sont pas inventés mais glanés dans les paysages qu’il a traversés et qu’il continue à visiter : les grandes artères des métropoles, les pavés défoncés des villages, les corridors des aéroports, les marchés de rues,…
Il travaille sur la culture africaine et sa perception par le reste du monde usant de formes typiques en les confrontant à leur manipulation par le marché de l’art et au discours esthétique occidentale. Ces sculptures représentent sur un ton humoristique et gracieux l’opposition entre la culture africaine et l’usage qui en ai fait. Il met en apposition le monde urbain contemporain et le monde rural qui tente de résister à la globalisation mais assiste à sa contamination et à ses conséquences. Ses œuvres entretiennent un dialogue constant entre ces deux imageries.
Pascale Marthine Tayou présentera au Domaine Orenga une exposition éclectique représentative des phénomènes d’hybridation et d’acculturation qui jalonnent le parcours humain et artistique de l’artiste : installation, sculptures et tableaux proposent au travers d’une fusion d’histoires, de cultures et de techniques une vision d’expériences de vie et de conditions d’existence.
Sculptures
La série de sculptures « Poupées Pascales » donne à voir des statues type art primitif réalisées dans du cristal. La forme des sculptures est d’inspiration tribale mais les poupées sont vêtues d’objets contemporains trouvés sur les chemins empruntés par l’artiste et dérivés du fétichisme moderne. Les parements sont de perles, de perruques, de plumes, de lambeaux d’étoffes, de papier, d’objets trouvés, de coquillages, de paille, de bois, de raffia, de cornes,… Le cristal donne à ces sculptures inspirées de la culture traditionnelle des fétiches, une esthétique moderne. « Je suis toujours à la recherche de transparence, mais finalement je réalise que nous sommes toujours dans l’opacité »
« Tailler des masques et des statues dans du cristal est ma dernière chance de percer le mystère des fétiches », L’artiste démontre que la tradition ne peut se perpétuer dans le contexte de la mondialisation économique. Elle ne survie pas à l’évolution culturelle, sociologique, technologique, qui en découlent.
Installations
Pour compléter cet ensemble, les sculptures Indian Pipes, cadre présentant une lignée de pipes géantes aux extrémités formées par des masques fétiches et Africonda, Anacondas réalisés à partir de lambeaux de tissus, investissent les structures permanentes de l’espace d’exposition.
Tableaux
Les tableaux Arlit , Katanga et la Mer Rouge racontent avec beaucoup de poésie le paradoxe de l’Afrique contemporaine entre la richesse de ses ressources naturelles, la pauvreté du peuple africain et les conflits meurtriers qui en découlent.
Le Katanga est la province la plus méridionale de la République Démocratique du Congo qui renferme de très riches gisements de cobalt, cuivre, fer, radium, uranium, et diamant.
Arlit est une ville de l'Aïr, dans le désert du Sahara au Nord du Niger où sont situés les riches gisements d'uranium exploités par les autorités nucléaires françaises. Cet ancien eldorado est devenu suite à la chute des cours de l’uranium un lieu de transit important pour les clandestins en partance pour l'Algérie puis l'Europe. Un rapport des services secrets italiens dénonçant la fourniture d'uranium d'Arlit à l'Irak, depuis lors démenti, a été utilisé par les autorités américaines pour accuser Saddam Hussein de développer des armes de destruction massive et justifier la deuxième guerre du Golfe.
La Mer Rouge est l’un des enjeux stratégiques majeur pour la maîtrise du trafic pétrolier. La confrontation des grandes puissances dans leur lutte d’influence culmina dans les années soixante et soixante dix avec la guerre des six jours et la fermeture du Canal de Suez
Dans ces tableaux, l’indolence des paysages est incrusté sur des supports en polystyrène blanc au moyen de billes multicolores. Ces billes scintillent comme les minéraux précieux extraits des gisements de ces régions, qui attirent toutes les convoitises et alimentent les guerres et la misère.
La démarche de l’artiste ne contient pas de revendications idéologiques. Elle n’est pas non plus emprunte de nostalgie. Dans un entretien accordé à Philippe Dagen du Monde, il confie essayer par son travail « …d’inventer un nouveau destin en lisant dans les trous de la mémoire collective. ». Ce destin inventé par Pascale Martine Tayou, complexe et paradoxale est imprégné de différentes cultures, de différents paysages et d’une nouvelle humanité.
Comme toutes les expositions de Pascale Marthine Tayou, celle ci se présente comme une arène où différents éléments se confrontent et dialoguent dans un discours emplis de digressions de notes à la marge, de liens hypertextes qui n’enlèvent rien à la pertinence du propos ; un théâtre ou une parade fantasmagorique d’icônes et de signes reflétant les douleurs et les joies, les lumières et les ombres du monde extérieur.
Site internet: http://www.pascalemarthinetayou.com
Expositions personnelles récentes
2010 : Traffic Jam, Gare St Sauveur, Lille 2008
Matiti Elobi, Chateau de Blandy Les Tours, Blandy Les Tours (France) Kiosk, Louis pasteurlaan 2 +, Godshuizenlaan, Gent (Pays Bas) Jungle Fever, Galleria Continua, San Gimignano (Italie) 2007 Plastik Diagnostik, Milton Keynes Gallery, Central Milton Keynes (GB) Plastic Bags, MK Dons Football Stadium, Central Milton Keynes (GB) Zigzag Zipzak!, Galleria Continua Beijing, Pechino (Chine) 2006 Plastic Bags, Kunstalle Wien, spazio pubblico Karlsplatz, Vienna (Australie) 2005 Rendez-vous, Martha Herford, Herford (Allemagne)
Publications: Le grand sorcier de l'utopie, Nicolas Bourriaud, Gli Ori,2009 Zigzag Zipzak, galeria Continua, 2007 Maman, l'autre jour j'étais en Italie, MACRO, 2004 Revue Noire, n°31, Rubrique Réseaux, 1999
Bibliographie 2007 AAVV. Commitment, De cultuurcentra Strombeek & Mechelen programmeren samen beeldende Kunst, Mechelen, 2007 AAVV, “Expérience Pommery. L’emprise du lieu”, Pommery, Francia, 2007 2005 Work, Galleria Civica, Trento (Italie) Catalogue Universal Experience ˆ MCA Chicago. P.55, Catalogue Africa Remix, haward Gallery, London PP. 208/209 Catalogue African Art Now PP. 9 & 169/170/171 Kunst Forum, Janv-Mars 2005 PP. 137/138 Zone 09, Jan. 2005, Belgique PP. 6 &7 2004 Le Monde, France, Oct 2004 P.26 Knack Focus, Belgique Oct 2004 PP 88 De Standaard, Belgique 2/3 Oct P.34 Stad Magazine, Gent- Belgique Oct 2004 Catalogue Pascale Marthine Tayou - MACRO - Rome, Italy Handlungsanweisungen, Kunsthalle wien, P.127 Kunst NU, Belgique, Oct 2004, Cover & PP.10/11/12/13/14 Kunst NU, Belgique,Oct 2004, PP. 2/3/4/5/6/7
Espace d’art contemporain Orenga de Gaffory
Domaine Orenga de Gaffory
Lieu Dit Morta Majo
20253 Patrimonio
Téléphone 04 95 37 45 00
www.domaine-orengadegaffory.com
Entrée libre, tous les jours de 9h00 à 19h00
Espace d’art contemporain Orenga de Gaffory
Domaine Orenga de Gaffory
Lieu Dit Morta Majo
20253 Patrimonio
Téléphone 04 95 37 45 00
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Entrée libre, tous les jours de 9h00 à 19h00
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